Olivier Gaillard
Député de la 5ème Circonscription du Gard

À l'Assemblée Nationale

J’ai fait le choix de voter contre l’adoption du projet de loi de ratification du traité entre l’Union européenne et le Canada (CETA).

Il est pour moi impossible de cautionner le paradoxe qui consiste à favoriser l’entrée sur le marché de produits non soumis aux normes exigeantes (environnementales, sanitaires, de traçabilité) que l’on fixe à nos agriculteurs, au travers des législations nationale et européenne.

Ce système de deux poids deux mesure est intenable.

Le CETA, malgré les garanties qui sont censées l’entourer, n’empêchera pas l’arrivée de boeufs gavés, pour leur croissance accélérée, de farines animales, gavés d’antibiotiques, ou de denrées alimentaires produites avec des pesticides interdits dans l’Union.

En matière d’usage de pesticides, de produits phyto, le CETA va contribuer à accroitre les volumes de produits échangés qui en contiennent, alors même que notre Etat s’est doté d’un plan d’action de trois ans, ambitieux, afin de rendre notre agriculture moins dépendante à ces produits.

Je considère précisément qu’un tel plan doit assurer une transition associant les agriculteurs, et n’a pas vocation à se heurter à la mise en oeuvre d’un nouvel accord ajoutant de la concurrence par la libéralisation de produits affranchis de nos standards et objectifs.

Autre point de désaccord, la place dérisoire laissée au respect de l’environnement dans cet accord passé avec un très mauvais élève du point de vue climatique. Si le Canada décide demain d’exploiter toujours plus les sables bitumineux, le gaz de schiste, et de s’affranchir de l’Accord de Paris sur le climat, le seul recours possible est le dialogue. Alors que si demain, l’Europe décide de renforcer ses droits de douane et ses règlements sanitaires, le Canada pourrait nous infliger des sanctions commerciales.

Je suis, par ailleurs, opposé au traité avec le Mercosur (non soumis à la représentation nationale), et ne peut avaliser dans le même temps, le CETA.

Je m’attache à une seule chose : l’impact du CETA sur la France, mon Département, ses
femmes et ses hommes, agriculteurs et consommateurs.

Les chiffres des soldes commerciaux, à un « instant t », ne peut suffire, à mes yeux, pour
accepter de ratifier cet accord mis en oeuvre provisoirement depuis le 21 septembre 2017.
Pareillement, la perspective d’emplois supplémentaires signifie peu. Les enjeux se situent
plus du côté des nouvelles installations, des reprises d’exploitations.

Le secteur de la viande bovine, des bovins allaitants des filières de haute qualité, sera le
plus impacté, et je ne peux l’accepter. Ma conviction est que le mode de production à
protéger et encourager, est celui défendue par la nouvelle marque « Bovigard », que j’ai
inauguré il y a une semaine à Anduze : des élevages de proximité, respectant un cahier des
charges exigeant pour défendre le syndicat des éleveurs bovins et les artisans bouchers
du Département.

Le secteur de la viande porcine fera l’objet d’une concurrence sur le prix à la production,
qui desservira nos éleveurs. Je ne peux, d’un côté, visiter et soutenir dans ses projets, un
éleveur pompignanais de porcs Barons des Cévennes, de grands espaces, nourris aux
céréales et au petit lait, et de l’autre, ratifier un traité qui aura pour effet de faciliter
l’entrée de porcs canadiens aux couts de production nettement inférieurs.

J’assume ma vision de l’agriculture, je sais ce que j’encourage – des productions et de
l’élevage de proximité, répondant à des cahiers des charges qualitatifs -, et je sais ce que
je ne veux pas manger. Je vote en conséquence, en toute responsabilité.

Pour le respect des enjeux agricoles, alimentaires, et environnementaux.

Je vote en cohérence avec mes principes, sur un accord international qui laisse en suspens
un certain nombre de questions, ou n’annonce pas de progrès, voire des régressions, dans
des domaines cruciaux, étroitement liés, à mon sens, qu’il s’agisse du modèle agricole
souhaitable, des formes d’exploitation, de l’alimentation, et de l’environnement.

Je vote en cohérence avec l’exigence de dépasser les enjeux exclusivement commerciaux
et économiques, avec les objectifs, les apports de la loi Egalim et de l’accord de Paris sur
le climat.


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