Olivier Gaillard
Député de la 5ème Circonscription du Gard

Au national

Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire, a pris une décision personnelle et difficile en annonçant ce matin sa démission du Gouvernement au micro de France Inter. Un geste politique fort qui marque sa volonté de ne plus se resigner, s’accommoder sur un enjeu aussi important que celui de l’écologie et de poursuivre sa lutte tenace indépendamment du Gouvernement, ce que je regrette.

Nicolas Hulot, numéro trois au rang de ministre d'État disposait de deux secrétariats d’Etat pour l’accompagner dans ses missions et d’un budget augmenté de 9,9 à 10,4 milliards lors du projet de loi de finances de 2018. Une hausse jugée par le Ministre de « significative » symbole de la « priorité accordée aux politiques environnementales ».

Loin du désaveu vis-à-vis de l’exécutif le renoncement après 15 mois de poursuivre ses travaux au sein du ministère de la transition écologique et solidaire révèle la fracture idéologique du modèle à défendre. L’urgence de la situation impose à Nicolas Hulot de faire émerger le plus rapidement possible un nouveau modèle de société qu’il appelle collectivement de ses vœux. Il ne souhaite plus s’accommoder de « petits pas ».

Durant sa gouvernance il a pourtant mis un terme à plus de 40 années d’hésitations avec l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Nous avons voté la fin de l’exploitation des hydrocarbures et nous avons pris l’engagement d’arrêter les centrales à charbon d’ici 2022. Un grand plan sur l’économie circulaire a été lancé et l’enjeu du glyphosate a été placé au cœur du débat européen, ramenant son usage de 15 à 5 ans en Europe et sous 3 ans en France.

Son départ que je regrette mérite une réflexion, en premier lieu, sur les logiques conflictuelles qui persistent entre ministères. C’est un travail en bonne intelligence avec une convergence indispensable entre les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture qui se doit d’être.

Il faut souhaiter que cette démission soit un véritable électrochoc dans notre rapport à l’écologie et qu’elle n’entraînera pas un durcissement des clivages. Il y a une voie intermédiaire de conciliation des intérêts qu’il reste à trouver dans l’écoute et l’équilibre.

C'est pourquoi j'en appelle au chef de Gouvernement à associer la représentation nationale et les principaux représentants des filières agricoles et associations protectrices de l’environnement à l’élaboration d’un plan interministériel et pluriannuel de type agro-environnemental. Le but étant de définir des objectifs et engagements communs entre ministères ménageant à la fois des avancées en termes de compétitivité de notre agriculture et des avancées dans le cadre de la transition écologique. Cette logique concertée entre ministères a existé jusque dans les années 80 en France à l'époque où le plan était une ardente obligation. Elle pourrait être remise au goût du jour.


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