Olivier Gaillard
Député de la 5ème Circonscription du Gard

En circonscription

Je rencontrais, jeudi, une délégation de représentants syndicaux des polices, forces de sécurité publique et civile, réunis par Cédric Marrot, secrétaire général CFDT Syndicat interco 30. Une discussion à battons rompus très instructive sur le vécu des professionnels, les conséquence d’une « police du chiffre, des statistiques ».

Les crédits des missions Sécurités du Budget 2018 ont été sanctuarisés par le législateur cette année. Pour autant, se pose la question de l’utilisation, de la mise en oeuvre des moyens financiers. Cette rencontre présentait un grand intérêt étant donné qu’aura lieu, prochainement, la discussion du budget 2019, mais aussi la réunion de cadrage sur l’enquête de la Cour des comptes évaluant les réserves gendarmerie et police que j’ai diligentée. Je compte bien avancer un certain nombre de propositions, notamment, pour renforcer la complémentarité, la coordination entre les forces de police et de gendarmerie, pour une meilleure utilisation de la réserve. Je demanderai également que certains des représentants syndicaux que j’ai rencontrés soient auditionnés dans le cadre de cette enquête.

La question du redéploiement des effectifs par l’Etat fut aussi soulevée. Ces redéploiements gagneraient à être plus cohérents. Cela faisait parfaitement écho à un exemple concret en cours et concernant la communauté de brigades du Vigan : la dissolution en projet de la brigade de Sumène. Une réorganisation à laquelle je m’oppose parce qu’elle nuirait au maillage territorial de brigades ; un maillage pourtant indispensable lorsqu’on s’attache à remobiliser les forces sur le terrain. Des services ne peuvent faire de la proximité s’ils sont plus itinérants qu’implantés territorialement en vertu d’un maillage. On a, d’un coté, besoin de planifier pluriannuellement et nationalement, les moyens budgétaires. De l’autre, les redéploiement d’effectifs, réorganisations de moyens sur le territoire devraient tenir compte d’un diagnostic mené dans chaque territoire, en vue d’y apporter des réponse adaptées. La décision unilatérale d’en haut a fait son temps.

Je demanderai, dans les prochains jours, les positionnements respectifs des Ministères concernés (Chancellerie et Intérieur), sur l’évolution qui pourrait être souhaitable des règles régissant le traitement, le contrôle judiciaire des forces de sécurités ayant à répondre d’actes commis dans le cadre de leurs fonctions, et sur lesquels le juge doit statuer. Le droit en vigueur ne tient pas suffisamment compte de la spécificité des actes de l’agent dépositaire de l’autorité publique. Le recours à l’arme est encadré, ce qui est absolument nécessaire, mais il fait partie des prérogatives de ces professionnels, et l’appréciation des circonstances de son usage ne peut être déconnecté de la réalité opérationnelle : l’urgence, le danger potentiel pour autrui et le professionnel lui même, le discernement attendu du professionnel.

« Ce point est la clef, plus que les moyens financiers supplémentaires », selon les mots de l’un des syndicalistes. De cela dépend le regard de la société et du professionnel lui même sur les missions des forces de sécurité. Le contexte est à la multiplication des violences commises à l’égard des forces de sécurité publique et civile, ce dont il faut tenir compte.


Articles similaires

Réalisation & référencement Simplébo

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.