Olivier Gaillard
Député de la 5ème Circonscription du Gard

À l'Assemblée Nationale

Pour donner suite à l’article de Midi Libre « Pour Agnès Buzyn, "le vin est un alcool comme un autre" » [page régionale, vendredi 9 février 2018], le député du Gard, Olivier Gaillard, souhaite dénoncer ce qui sassimile à une « conception excessivement rigide, radicale de la politique sanitaire en direction de la filière viticole de la part de la Ministre de la Santé ».

Cette dernière semble contester l’essence même du message adressé récemment à la filière viticole par le Président de la République selon lequel « les consommations excessives doivent être séparées des consommations raisonnables et la filière doit participer à une politique de prévention » [LCI, 2 février 2018]. « Il faut permettre à certaines régions et aux emplois qui vont avec en France de défendre leurs intérêts [...]. Il faut laisser des parts de léconomie respirer et l’œnotourisme en fait partie » [Emmanuel Macron, Europe 1, novembre 2015].

Ces messages témoignent selon le député gardois « d’une conception équilibrée et constructive qui nourrit l’espoir, qu’enfin, un regard lucide puisse être porté sur la filière viticole et le statut de sa production ». « Il est temps », pour Olivier Gaillard, « d’en appeler à une clarification du positionnement des pouvoirs publics, de définir la place que nous consacrerons au vin, dans notre société, pour les prochaines années ». Le message sanitaire actuel du ministère de la Santé nie les particularités de ce produit, son importance pour l’économie, l’attractivité de nos territoires, notre identité, notre patrimoine.

« Qu’on le veuille ou non, substituer "à consommer avec modération" par "l’alcool est mauvais pour la santé", en direction de tous les alcools, sans adaptation du message, revient à réduire le vin, produit de la terre et d’un savoir-faire, à l’alcool, c’est-à-dire à une image appauvrie, négative, mauvaise. C’est nier au vin toute sa dimension œnologique, gastronomique, sociale, culturelle, mais aussi ses modes de consommation plus qualitatifs, beaucoup moins orientés vers l’indice d’alcool.

Le choix opéré par la ministre témoigne d’« une conception étriquée de la prévention, presque liberticide qui pourrait amené à des décisions catastrophiques dans le cadre de la définition de la stratégie nationale de santé 2018-2022 qui fixe les priorités du gouvernement en matière de santé pour les cinq prochaines années ».

Alors même que les producteurs de vin s’efforcent de continuer à transmettre leur passion dans un contexte très concurrentiel, tout en se conformant à un ensemble de réglementations et contrôles, voilà qu’une politique sanitaire appliquée indistinctement à tout alcool, quel que soit son mode de production, de consommation, sa dimension sociale et culturelle, pourrait bien dissuader les vocations des jeunes générations pour la viticulture. « Il nous appartiendrait plutôt d’accompagner les producteurs, mais aussi les consommateurs, par l’éducation au goût, à la dégustation, à un modèle alimentaire non exclusif d’une consommation modérée de vin »

Le député voit cette situation comme « paradoxale, typiquement française, car dans d’autres pays comme l’Espagne, le vin est promu, protégé, tout comme sa consommation raisonnée ». Il est plus que jamais convaincu par « le bien-fondé et le bon timing de la Tribune » qu’il porte en Occitanie et bientôt nationalement, et revendique la responsabilité des élus de la Nation de rééquilibrer un positionnement ministériel sourd et aveugle à certaines réalités.


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